La numérisation de l'économie, couplée à la transition énergétique qui incite à électrifier massivement les usages, transforme le statut des semi-conducteurs.
Ces composants électroniques, historiquement réservés à l'informatique et aux télécommunications, deviennent la clé de voûte des développements technologiques, depuis les véhicules électriques jusqu'à l'industrie 4.0 en passant par les infrastructures d'énergie renouvelables.
La demande est plus forte que jamais et ne devrait qu'augmenter à l'avenir, alors que le secteur sort tout juste d'une pénurie engendrée par les difficultés causées par la crise de Covid-19.
Alors que les industriels de nombreux secteurs réalisent qu'il leur faut sécuriser leur approvisionnement au plus vite, les États s'engagent dans la même réflexion.
Désormais considérées comme des actifs stratégiques, ces puces se trouvent mêlées à des enjeux géopolitiques : les États-Unis et l'Europe veulent réduire leur dépendance à l'Asie, qui accapare la majorité de la production, et multiplient les dizaines de milliards de subventions pour attirer les fabricants sur leur sol.
La Chine, première consommatrice mondiale mais encore largement importatrice, cherche également à renforcer son indépendance.
Au centre du jeu, Taïwan est devenu l'épicentre international des semi-conducteurs grâce à TSMC (Taiwan Semiconductor Manufacturing), plus importante fonderie du monde.
Entre construction de nouvelles usines de production et recherche-développement afin d'améliorer le rendement des puces, le secteur s'avère plus dynamique que jamais. Même les considérations écologiques, qui alertent sur l'énorme consommation d'électricité et d'eau nécessaire à la fabrication de ces composants, semblent insignifiantes face à l'importance stratégique du secteur pour l'ensemble de l'économie.